Arrêt de travail, invalidité, décès

Prévoyance chirurgien esthétique : ce qui vous protège vraiment

Une main immobilisée suffit à arrêter un chirurgien. Les régimes obligatoires versent, mais à un niveau plafonné très en deçà d'un revenu de spécialiste — et aucun d'eux ne prend en charge vos frais professionnels, qui continuent de courir. C'est là que se situe le vrai besoin, pas dans un prétendu trou de couverture.

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Prévoyance du chirurgien esthétique
Non obligatoire
Fortement conseillée
indemnités journalières CPAM
J4 à J90
la CARMF prend le relais
Au 91e jour
de frais professionnels couverts
0 €

Ce que versent réellement la CPAM et la CARMF

Commençons par corriger une idée répandue, y compris chez des conseillers : il n'existe pas de « trou de quatre-vingt-dix jours » dans la couverture du médecin libéral.

La chronologie réelle d’un arrêt de travail
  1. Carence Jours 1 à 3

    Délai de carence — aucune indemnisation

  2. CPAM Du 4e au 90e jour

    Indemnités journalières versées par l’assurance maladie

  3. CARMF À partir du 91e jour

    Le régime invalidité-décès de la CARMF prend le relais

  4. Long terme Au-delà

    Invalidité totale et définitive : pension CARMF sous conditions

Le « trou de 90 jours » n’existe pas

Depuis le 1er juillet 2021, les médecins libéraux perçoivent des indemnités journalières de l'assurance maladie du 4e au 90e jour d'arrêt, après trois jours de carence. La CARMF prend le relais à partir du 91e jour. Les plafonds journaliers sont identiques de part et d'autre de cette bascule : au 91e jour, l'organisme payeur change, pas le montant. L'argument commercial du « trou de trois mois » est faux, et il détourne l'attention du vrai problème.

Le vrai problème est ailleurs, et il est double. D'abord, le niveau du plafond : il est calibré sur un revenu médian de médecin libéral, sans rapport avec le revenu d'un chirurgien esthétique établi. Ensuite, et surtout, le fait qu'aucun régime obligatoire ne couvre vos frais professionnels.

Vos charges ne s’arrêtent pas quand vous vous arrêtez

C'est le poste que les régimes obligatoires ignorent totalement, et celui qui met un cabinet en difficulté en quelques mois.

Loyer et charges du cabinet
Dus intégralement, arrêt de travail ou non.
Salaires du personnel
Secrétariat, assistante : la masse salariale continue de courir.
Cotisation RC Pro médicale
Elle ne se suspend pas, et c’est la ligne la plus lourde de la spécialité.
Cotisations sociales et CARMF
Assises sur les revenus antérieurs, elles arrivent avec un décalage.
Emprunts professionnels
Matériel, installation, rachat de patientèle : échéances inchangées.
Logiciel, assurances, abonnements
L’ensemble des frais de structure reste dû.
La garantie frais généraux

C'est une garantie distincte des indemnités journalières : elle indemnise, en cas d'arrêt, les charges fixes de votre structure sur une base forfaitaire ou sur justificatifs. Elle est souvent négligée à la souscription alors que, pour un chirurgien avec local et personnel, elle représente fréquemment l'enjeu financier principal des six premiers mois.

Un arrêt de quatre mois

Une atteinte de la main immobilise le praticien quatre mois. Les indemnités journalières couvrent une fraction du revenu, plafonnée. Le cabinet, lui, continue de consommer loyer, salaires, cotisation RC Pro et échéances d'emprunt. Sans garantie frais généraux, l'écart se comble sur la trésorerie personnelle.

L’invalidité partielle n’est pas couverte par le régime obligatoire

C'est la limite la plus sévère du régime CARMF pour une spécialité manuelle, et elle est mal connue.

Le régime invalidité-décès de la CARMF n'ouvre droit à pension que pour une invalidité totale et définitive, c'est-à-dire une incapacité totale d'exercer la médecine. Il n'existe pas de prise en charge de l'invalidité partielle.

Pourquoi c’est décisif pour un chirurgien

Une atteinte qui vous empêche définitivement d'opérer — un tremblement, une neuropathie, une raideur — mais vous laisse capable de consulter ne sera pas reconnue comme une invalidité totale et définitive d'exercice de la médecine. Vous perdez l'essentiel de votre revenu sans ouvrir de droit. Seul un contrat privé prévoyant une définition d'invalidité par référence à la profession exercée, voire à l'activité chirurgicale spécifiquement, couvre cette situation.

Définition d’invalidité
Exigez une définition professionnelle, appréciée par rapport à votre spécialité — pas une définition fonctionnelle générale.
Invalidité partielle
Vérifiez le seuil de déclenchement et le mode de calcul de la rente partielle.
Barème
Croisé (professionnel et fonctionnel) ou strictement professionnel : la différence change tout pour un geste fin.
Exclusions
Affections psychiques, pathologies dorsales et affections préexistantes sont les exclusions les plus fréquentes.
Franchise
Ajustable selon vos réserves de trésorerie : c’est le principal levier de prime.
Fiscalité
Un contrat souscrit dans le cadre Madelin permet la déduction des cotisations, avec imposition des prestations.

À noter également : les classes A, B et C qui structuraient historiquement le régime invalidité-décès de la CARMF sont abrogées depuis le 1er janvier 2025, remplacées par un barème proportionnel. Les documentations et simulateurs qui les mentionnent encore sont périmés.

Les six points qui font un bon contrat

Ce qu’un bon contrat prévoit
  • Des indemnités journalières complétant réellement le plafond des régimes obligatoires
  • Une garantie frais généraux calibrée sur vos charges fixes réelles
  • Une définition d’invalidité appréciée par rapport à la chirurgie, pas à la médecine en général
  • Une rente d’invalidité partielle avec un seuil de déclenchement bas
  • Un capital et une rente de conjoint et d’éducation en cas de décès
  • Une franchise modulable selon vos réserves de trésorerie
Les angles morts fréquents
  • Les affections psychiques, souvent exclues ou fortement limitées
  • Les pathologies dorsales, classiquement soumises à conditions
  • Les affections préexistantes déclarées à l’adhésion
  • La pratique sportive à risque, quand elle n’est pas déclarée
  • Les arrêts consécutifs à un acte de chirurgie esthétique subi par vous-même
La question à poser en premier

« Si je ne peux plus opérer mais que je peux encore consulter, que verse le contrat ? » La réponse à cette seule question sépare les contrats génériques des contrats réellement adaptés à une spécialité chirurgicale. Faites-la formuler par écrit, et faites-la rapporter à la clause de définition de l'invalidité.

Questions fréquentes

Questions fréquentes sur la prévoyance du chirurgien esthétique

Existe-t-il un trou de 90 jours dans ma couverture ?
Non. Depuis le 1er juillet 2021, les médecins libéraux perçoivent des indemnités journalières de l'assurance maladie du 4e au 90e jour d'arrêt, après trois jours de carence, puis la CARMF prend le relais à partir du 91e jour. Les plafonds sont identiques de part et d'autre : au 91e jour, l'organisme payeur change, pas le montant.
Où est alors le vrai besoin de prévoyance ?
Sur deux points. D'une part, le niveau du plafond des régimes obligatoires, calibré sur un revenu médian de médecin libéral et sans rapport avec un revenu de chirurgien esthétique établi. D'autre part, le fait qu'aucun régime obligatoire ne prend en charge vos frais professionnels — loyer, salaires, cotisation RC Pro, emprunts — qui continuent de courir pendant l'arrêt.
La CARMF couvre-t-elle une invalidité partielle ?
Non. Le régime invalidité-décès de la CARMF n'ouvre droit à pension que pour une invalidité totale et définitive d'exercice de la médecine. Une atteinte qui vous empêche d'opérer mais vous laisse capable de consulter n'ouvre aucun droit : seul un contrat privé avec une définition professionnelle de l'invalidité couvre cette situation.
Les classes A, B et C de la CARMF existent-elles toujours ?
Non. Elles sont abrogées depuis le 1er janvier 2025 et remplacées par un barème proportionnel. Les documentations qui les mentionnent encore sont périmées.
La prévoyance est-elle obligatoire ?
Non, aucun texte ne l'impose. Elle est en revanche difficilement contournable pour une spécialité manuelle dont l'outil de travail est la main, et dont la structure supporte des charges fixes élevées.
Les cotisations sont-elles déductibles ?
Dans le cadre d'un contrat Madelin, oui, dans les limites propres à ce dispositif — avec pour contrepartie l'imposition des prestations versées. Un contrat souscrit hors Madelin suit une logique inverse. L'arbitrage dépend de votre situation fiscale et mérite d'être posé au moment du devis.
Pour aller plus loin

Pour aller plus loin

Protégez vos revenus et vos frais fixes

Le régime obligatoire verse, mais il ne paie ni votre loyer ni votre cotisation RC Pro.